Contexte :
Le Lupus Érythémateux Systémique (SLE) est une maladie auto-immune systémique qui touche principalement les jeunes femmes avec 1 cas sur 2500 en France1,2. La néphropathie lupique (LN) est l’une des manifestations les plus sévères de la SLE, affectant jusqu’à 40% des patients. Elle se caractérise par une inflammation chronique dans les tissus rénaux, augmentant le risque de développer une insuffisance rénale terminale3.
Les lymphocytes B jouent un rôle central dans le développement de cette maladie, avec leur production systémique d’auto-anticorps. En revanche, leur contribution locale dans le rein reste encore mal comprise.
Dans des modèles murins de NL, on retrouve la présence de structures lymphoïdes tertiaires (TLS) dans le tissu rénal, permettant ainsi aux lymphocytes B de différencier localement4. En revanche, on ne voit que très rarement la formation de TLS matures dans les biopsies rénales de patients NL. Pourtant, de nombreuses études décrivent la présence locale de lymphocytes B activés et différenciés5.
Nos données préliminaires montrent que les lymphocytes B infiltrés sont fréquemment localisés à proximité immédiate de macrophages, qui constituent la population principale de l’infiltrat immunitaire de la LN. De nombreuses études montrent que ces deux types cellulaires sont capables de communiquer entre eux, notamment en contexte pathologique6,7.
L’hypothèse de ce projet est que les macrophages pourraient moduler le microenvironnement rénal pour favoriser une activation et différenciation locale des lymphocytes B en dehors des structures lymphoïdes tertiaires. Cela permettrait aux lymphocytes B d’utiliser une voie alternative d’activation qui contribuerait au contexte auto-immun.
Objec,fs du stage :
L’objectif de ce projet est d’explorer l’aspect fonctionnel des interactions entre les lymphocytes B et les macrophages. Pour cela, un modèle de coculture in vitro a été mis en place à partir de monocytes et de lymphocytes B issus de PBMCs de donneurs sains ou de patients atteints de lupus. Ce modèle permet d’étudier de manière bidirectionnelle le dialogue entre ces deux populaGons cellulaires : d’une part l’impact des macrophages sur l’activation, la survie et la différenciation des lymphocytes B, et d’autre part, l’effet réciproque des lymphocytes B sur le phénotype des macrophages. La comparaison de cocultures réalisées à partir de cellules provenant soit de donneurs sains, soit de patients lupus, permettra également d’évaluer l’impact du contexte auto-immun sur la dynamique de ces interactions.
En parallèle, les interactions entre lymphocytes B et macrophages seront étudiées à l’échelle Gssulaire, à l’aide de marquages par immunofluorescence sur des biopsies rénales de patients atteints de LN. Techniques utilisées : Culture cellulaire, cytométrie spectrale, ELISA multiplexée (dosages de cytokines), qPCR, immunofluorescence tissulaire.
Environnement scientifique au laboratoire et collaborations :
Le stage se déroulera au sein de l’unité Inserm U1227 – LBAI (Lymphocytes B, auto-immunité et immunothérapies), rattachée à l’Université de Bretagne Occidentale et implantée au CHU de Brest. L’unité rassemble cliniciens, biologistes et chercheurs autour de deux objectifs communs : mieux comprendre le rôle des LB dans l’auto-immunité, et favoriser l’essor des immunothérapies ciblées grâce à une meilleure stratification des patients, une compréhension approfondie des mécanismes d’action et le développement d’outils de prédiction de la réponse thérapeutique.
Le laboratoire offre un environnement scientifique dynamique et collaboratif, avec un accès privilégié à des cohortes cliniques, des technologies de pointe (cytométrie spectrale, imagerie multiplexée, transcriptomique spaGale …) et de nombreuses collaborations nationales et internationales.
Le projet s’appuie sur des collaborations nationales (Marseille, MarGnique, etc.) et sur des cohortes cliniques bien caractérisées (COLUPUS, entre autres).
Profil recherché :
– Etudiant(e) en Master 2 d’immunologie ou biologie cellulaire
– Bonnes connaissances en immunologie
– Une expérience en cytométrie et/ou en culture cellulaire serait un plus
– Personne moGvée, curieuse, rigoureuse
Conditions pratiques :
L’encadrement du stage se fera par Clara Chapez (2e année de thèse).
Candidature :
– CV détaillé
– Lettre de motivation
A adresser à : Clara Chapez (clara.chapez@univ-brest.fr), et Dr Eléonore BeSacchioli
(eleonore.beSacchioli@chu-brest.fr)
Bibliographie :
1. Anders, H.-J. et al. Lupus nephritis. Nat Rev Dis Primers 6, 7 (2020).
2. Arnaud, L. et al. Prévalence et incidence du lupus érythémateux systémique en France entière : étude dans le Système national des données de santé (LUPIN-F). Revue du Rhumatisme 90, A203 (2023).
3. Hanly, J. G. et al. The frequency and outcome of lupus nephri3s: results from an international inception cohort study. Rheumatology (Oxford) 55, 252–262 (2016).
4. Dorraji, S. E. et al. Kidney Ter3ary Lymphoid Structures in Lupus Nephritis Develop into Large Interconnected Networks and Resemble Lymph Nodes in Gene Signature. Am J Pathol 190, 2203–2225 (2020).
5. Shen, Y. et al. Association of Intrarenal B-Cell Infiltrates with Clinical Outcome in Lupus Nephritis: A Study of 192 Cases. Clin Dev Immunol 2012, 967584 (2012).
6. Gunnarsdodr, F. B. et al. Breast cancer associated CD169+ macrophages possess broad immunosuppressive functions but enhance antibody secretion by activated B cells. Front Immunol 14, 1180209 (2023).
7. Zhao, J. et al. Cxcl9high macrophages recruit circulating Cxcr3+ plasmablasts into kidneys to promote pathogenesis of lupus nephritis mice. Commun Biol 8, 1446 (2025).